La partie émergée de l’iceberg de l’informel
15 Juil 2019
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Marchandises non facturées

La partie émergée de l’iceberg de l’informel

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La transition économique engagée au début de la décennie 1990 se traduit par le recul du secteur public marchand et l’essor du secteur privé et notamment de l’auto-emploi, qui relève essentiellement du secteur informel au sens du BIT (Bureau international du travail). Avec une économie  libérale mal engagée et non structurée, l’informel est devenu au fil des années le socle (non apparent) de notre économie. Mal structuré et très peu encadré (bien que certaines lois existent), ce sont des milliards de DA qui gèrent une économie où les transactions n’ont de loi que la leur.


Par Réda  Hadi 

Par manque de contrôle et par manque de culture du commerce, nos compatriotes ont souvent recours au marché informel pour s’approvisionner, et par la même, échapper au fisc. Les pouvoirs publics ont bien essayé par petites doses, d’endiguer ce phénomène, et parvenir enfin à contrôler notre économie, mais sans grand succès. Tout le monde se souvient de la décision morte née prônée par l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, d’interdire tout achat en cash de marchandise qui dépasse les 500 000 DA. Le résultat est là. Nos commerçants, sont toujours adeptes de ce type de paiement et ne sont pas prêts à l’abandonner. 

Pourtant quel que soit l’acharnement du ministère du Commerce à multiplier les contrôles, toutes ces actions et le produit de leur réussite ne représentent qu’une infime partie de cet immense iceberg qu’est l’informel. Notre mode de commerce n’est régi que par les lois de ses spéculateurs. Les contrôles sont peu nombreux et l’économie parallèle représente le segment prédominant de l’économie en Algérie. 

Certains économistes avancent que les saisies et autres amendes dues aux entorses à la loi, ne représentent en fait que 20% (au mieux) des infractions réelles.

A titre d’exemple, rien qu’à Alger, le montant des marchandises non facturées exposées à la vente dans les différents locaux commerciaux, marchés et espaces commerciaux dans la capitale s'est élevé à 698 millions de DA au premier semestre 2019, selon un représentant de la direction du commerce de wilaya qui fait état de la saisie, durant la même période, de près de 21 millions de DA de marchandises non conformes aux normes ou impropres à la consommation. 

Entre janvier et juin 2019, les équipes de contrôle, de répression de la fraude et des pratiques commerciales relevant des services de la même direction ont enregistré des marchandises non facturées et des bénéfices illégaux d'un montant de 698 millions de DA, qui étaient exposées à la vente à Alger, et ce, après l'établissement de 1 042 infractions, ce qui traduit le volume des efforts consentis en matière de contrôle et de répression de la fraude concernant les différents produits de consommation pour préserver la santé publique», a déclaré à l'APS, Dahar Laayachi.

Si on extrapole ces chiffres et que l’on en prend que les deux tiers pour en faire une moyenne nationale à l’échelle de 10 grandes villes, nous arrivons au chiffre de 4 650 millions de DA, et ce, rien que pour 10 grands centres supposés. 

Le problème reste entier et sa solution ne peut être que dans le cadre d’un effort commun entre pouvoirs publics et commerçants. Mais il sera bien difficile de faire participer les commerçants, trop habitués à ne payer que d’une manière forfaitaire leurs impôts.

LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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