«Pas d'ingérence dans la formation de l'Instance de dialogue et de médiation»
07 Aoû 2019
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Karim Younès

«Pas d'ingérence dans la formation de l'Instance de dialogue et de médiation»

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 Le coordonnateur du l'Instance nationale de dialogue et de médiation, Karim Younès, a affirmé, mardi, qu'il n'y avait aucune ingérence de quelque partie officielle que ce soit dans la composition de l'Instance et la désignation de ses membres, soulignant que le plus important actuellement était de trouver une issue à la crise que traverse le pays.

Dans un entretien accordé à «Radioweb Maghreb M», Karim Younès a déclaré que «le président du Forum de la société civile pour le changement, Abderrahmane Arar, est le seul à nous avoir contactés. Aucune partie ne n'est ingérée dans la formation de l'Instance de dialogue et de médiation».

«Toutes les déclarations faites à ce titre sont infondées et le plus important actuellement est de trouver une issue à la crise que traverse le pays dans les plus brefs délais», a-t-il ajouté.

«Actuellement, la principale revendication de l'Instance -pour l'amorce du processus de médiation- est la libération des détenus, l'arrêt de la violence exercée sur les manifestants, la levée de l'embargo sur les citoyens qui veulent se rendre à Alger tous les vendredis outre l'ouverture du champ médiatique».

«Nous souhaitons que le chef de l'Etat, Abdelkader Bensalah, honore ses engagements pour concrétiser ces revendications, particulièrement le départ de l'actuel gouvernement, principale revendication du Hirak populaire», a-t-il dit.

Evoquant le dialogue national, M. Younès, qui réaffirme que «ni la Présidence de la République, ni l'institution de l'Armée ni aucune autre partie n'auront à s'ingérer dans ce dialogue», accueille favorablement toutes les initiatives de dialogue qui se fera entre «tous les Algériens, partis, personnalités politiques, représentants de la société civile et l’ensemble des acteurs».

Pour ce qui est des missions de consultation qui seront confiées à l'Instance, il a rappelé la réunion qui se tiendra mercredi (hier NDLR) qui sera «ouverte à tous» et qui «débattra, en toute liberté, de toutes les questions et dossiers qui intéressent le Hirak et les revendications actuelles des Algériens».

«Aucune orientation et ni directive n'ont été données aux participants à cette réunion», selon M. Younès qui précise que l'Instance «ne dispose d'aucun document officiel ni d'aucune plateforme unifiée concernant la réunion de mercredi». Les travaux porteront sur les plateformes des réunions du 15 et 26 juin ainsi que celle du 6 juillet dernier», a-t-il dit.

Les membres de l'Instance «sont tenus exclusivement de contribuer à la satisfaction des revendications du peuple, en faisant prévaloir l'intérêt suprême du pays, à travers l'entame immédiate des consultations et du dialogue avec la classe politique, les personnalités nationales et la société civile, à condition que toutes ces propositions et avis constitueront des documents de travail qui seront présentés lors de la conférence nationale, prévue à la fin des consultations».

«Nous essayerons de parvenir à une plateforme commune qui nous permettra d'exprimer toutes les positions, avis et aspirations des Algériens, en sus de leur concrétisation sur le terrain», a poursuivi Karim Younes, assurant que "toutes ces propositions et avis constitueront des feuilles de route principales qui serviront de référence à l'Instance dans l'élaboration de la mouture qu'elle soumettra, après consultations des acteurs de la société civile, à la Conférence nationale, prévue au terme des rounds de dialogue avec l'ensemble des partis, personnalités politiques et représentants de la société civile, en sus des acteurs du Hirak populaire sans exclusive".

L'Instance nationale de dialogue et de médiation avait annoncé la création d'un comité de sages regroupant des personnalités et des experts ayant accepté de rejoindre l'Instance, et fait part de sa décision d'entamer "immédiatement" l'organisation des consultations de dialogue avec la classe politique, les personnalités nationales et la société civile.

A la question de savoir s'il était favorable à l'arrêt du Hirak populaire, M. Younès a souligné «qu'il est préférable que le Hirak populaire se poursuive pour continuer à faire pression, en vue de satisfaire les revendications du peuple algérien et ses aspirations à un changement de régime», estimant, cependant, que la médiation et le dialogue demeuraient «le seul moyen pour sortir de la crise et satisfaire les revendications du Hirak populaire».

L'Instance attend de l'Etat «la prise de mesures à même se rassurer les citoyens, d'apaiser la situation et de rétablir la confiance perdue, et partant, organiser une élection présidentielle régulière, libre et transparente dans les plus brefs délais», a-t-il conclu.

Dernière modification le mercredi, 07 août 2019 21:35
LCA

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