Un calme sur fond d’incertitudes
08 Sep 2019
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Rentrée sociale

Un calme sur fond d’incertitudes

Par:  Réda Hadi
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La rentrée sociale 2019 en Algérie s'annonçait brûlante, et ce n'est pas seulement à cause de la météo qui persiste dans ses niveaux de chaleur, mais à cause des incertitudes politiques, de la dégradation du pouvoir d achat des citoyens et des menaces de grève de plusieurs syndicats. Beaucoup voudraient que cette accalmie soit durable, ce qui permettra à notre économie de décoller.


Par Réda Hadi

Si les clignotants sont au rouge de l’avis même de responsables gouvernementaux, la situation reste tendue du plan de vue social. La désignation d'un panel de dialogue et de médiation, dirigé par l'ancien président de l’APN Karim Younès, n'a satisfait ni les ambitions du régime, qui veut absolument aller aussi vite que possible vers une présidentielle, ni les désirs de changements radicaux prônés par le mouvement populaire et une partie de l'opposition. Les syndicats semblent vouloir exacerber encore les tensions et affichent un radicalisme qui n’arrange pas les choses. Le Hirak s’exprime toujours dans la rue et les revendications populaires sont toujours autant diffuses que radicales. Le gouvernement, quant à lui, met les  bouches doubles pour réussir sa rentrée sociale et des mesures sont prises en faveur des plus démunis.

Le ciment sur lequel est adossé le peuple reste cet édifice solide qu’est l’ANP. Uns structure, qui, quelle que soit la situation, a su rester debout et surtout organisée. Son chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, ne cesse de répéter que la priorité est l'organisation dans les plus brefs de l’élection présidentielle, appelant, comme il l'a encore fait le 27 août dernier, à «accélérer le processus d'installation de l'instance nationale indépendante pour la préparation, l'organisation et la surveillance» de cette élection.

La constitutionalité des événements à venir reste le point nodal de l’action de l’armée pour faire face à la déchéance, l’entredéchirement et surtout le chaos. Pourtant, les doutes  persistent et ont, dans certaines régions, pris de l’ampleur.  

C'est donc en pleine incertitude politique que s'inscrit cette rentrée sociale. Depuis le début du mois d'août, à travers plusieurs villes et villages du pays, les Algériens ont renoué avec les actions de protestation. Coupures d'eau, chaussées délabrées, chômage, inégalités sociales, mauvaises prises en charge sanitaires, conflits syndicaux…, il n’y a rien qui puisse engager le dialogue et sortir de l impasse.

Depuis six mois, les citoyens ressentent davantage les effets de la crise économique qui touche le pays et subissent surtout le recul et la stagnation de la croissance économique, surtout depuis le début du mouvement populaire. La colère est sourde et latente, et la conjoncture économique internationale n’arrange pas les choses. Les employés de certains groupes concernés par la lutte contre la corruption sont sans salaire depuis des mois, des centaines de PME-PMI dépendantes de ces groupes sont en quasi-faillite, et les commandes publiques, principales ressources des entreprises privées, sont paralysées. Le dinar qui se dévalue à vue d'œil et le prix du baril de pétrole qui ne remonte pas ou très peu malgré les tensions dans le Golfe persique accentuent cette crise économique. Afin d'équilibrer son budget de l'année 2020, le pays a besoin d'un baril à 116 dollars, selon un rapport du think tank Carnegie Middle East Center. «Comme l'Algérie importe 70 % de ce qu'elle consomme, cela aura des répercussions sociales importantes», est-il souligné dans ce rapport. Ajoutez à cela les rumeurs sur la démission du Premier ministre qui bruissent ici et là et qui sont diffusées à dessein, des rumeurs qui n’arrangent pas les choses.

L’Algérie doit donc relever un défi face à une situation explosive.

Dernière modification le dimanche, 08 septembre 2019 20:35

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