Boualem Bouaouina, PDG du «Miss Flowers Paris»

Boualem Bouaouina, PDG du «Miss Flowers Paris» au «Chiffre d’Affaires»

«L'industrie de la parfumerie, un créneau très prometteur en Algérie»

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L'industrie du cosmétique et celle de la  parfumerie est classée en  troisième position  au pôle industriel de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj. Cette dernière connaît actuellement  un épanouissement économique très attractif, et l'exemple vivant de l'évolution de l'industrie de la  parfumerie le plus réussi au niveau de cette wilaya des Hauts-Plateaux. Le groupe industriel «Miss Flowers Paris», est spécialisé dans l'industrie de parfums sous différentes formes à savoir les parfums «magstige», et le parfum de prestige. 


Ce  groupe industriel, en l'espace de 15ans, a réussi le challenge de produire une large gamme de parfums qui répondent parfaitement aux exigences du consommateur avec cinq entreprises dont une dans la production de déodorants, et la société mère de création et de fabrication des parfums «magstige» et le parfum de prestige. Le même groupe se lancera très prochainement dans la production des crèmes de soins de haut de gamme.

Devant ces perspectives, Boualem Bouaouina , le dirigeant de ce groupe industriel nous a accordé un entretien, dans lequel il explique ses débuts dans la production du parfum en Algérie, tout en développant les caractéristiques du marché algérien des produits de beauté très appréciés.

LCA : Comment avez-vous débuté votre aventure avec la production du parfum en Algérie ?

Boualem Bouaouina : En fait, j'ai créé ma société de fabrication de parfum au début en France précisément en 1999.  À l’époque, notre but c'était de fabriquer des produits de parfum de la catégorie «magstige», à savoir des produits de parfum  de haut gamme avec quelques caractéristiques des produits de luxe, pour les commercialiser à des prix raisonnables et accessibles pour la masse des consommateurs. A l'époque avec mes partenaires, on visé à conquérir le monde en l'occurrence les marchés, asiatique, de l’Europe centrale, et de l'Europe orientale ainsi que les Etats-Unis. Mais après une courte expérience en Europe, j'ai décidé en 2002, d'implanter ma propre société ici en Algérie, parce que j'étais convaincu  que le marché algérien est important et qui avait beaucoup d’avenir. Ainsi, en octobre 2002, j'ai créé la société Miss Flowers Paris, à Bordj Bou-Arréridj. 

Comment avez-vous eu l'idée miraculeuse de se lancer dans la production du parfum, sachant que son industrie est pratiquement monopolisée par des firmes internationales?

Cela remonte à 1992, à l'époque,  j’étais un grossiste des produits de beauté et de parfums. Puis en 1998, je me suis consacré à l'importation des produits finis en Algérie. A partir de là,  j’ai rejoint un groupe industriel tunisien en France, qui était spécialisé dans la production du parfum «magstige», depuis 1971 avec pratiquement vingt ans d'expérience dans ce même domaine très spécifique. Et comme j'avais une idée précise des produits de parfums très demandés sur le marché algérien, et à partir de cette expérience , j'ai contribué avec le groupe pour la création de ces produits destinés à la masse moyenne des consommateurs, en premier lieu, puis en second lieu, j'ai décidé d'occuper le marché algérien et cela, bien sûr, après que ma société a réalisé une étude du marché national qui a abouti que le produit magstige n'existe pas à l'époque sur le marché Algérie, en fait, il n’y avait que le produit de masse ou le produit de prestige. A l'époque, notre l'objectif de ma société consistait  d'être parmi les premiers à produire le parfum magstige sur le territoire national.

Actuellement, vous êtes à la tête d'un groupe industriel algérien qui compte 5 entreprises, avec une production d’une large gamme de parfums, comment ça se passe ?

En effet, la société Miss Flowers Paris  est la société mère, et le groupe englobe aussi la société Classe parfum qui est spécialisée dans la création et le développement et de distribution des produits, et on a  aussi la société Interface qui se charge du conditionnement des déodorants produits toujours par nous. Et on a aussi la société « Bébé » parfum et une entreprise chargée du transport et logistique. Aujourd'hui, notre société mère a créé et produit une soixante marques 100% algérienne et elle est la seule sur le marché à produire le parfum de haut gamme dans cette filière en Algérie.

Quelles sont vos capacités de production actuellement ?

Nos capacités de production actuellement sont de l'ordre d'un million de flacons de parfum par an, avec une panoplie de 400 produits sur le marché local dont 120 marques de parfums très demandés. Et pour ce qui est de la production des déodorants, nous produisons une moyenne de 7 millions de déodorants. Et depuis nos débuts, nous augmentons chaque année, notre production de 30%.

Sachant, par ailleurs, que dans mes débuts j'avais uniquement une capacité de production 180 mille flacons, toutefois, et très prochainement, je compte lancer une gamme de crèmes de soins et une gamme de fond de teint avant la fin de l'année et ça serait des produits mas magstige de gamme appréciable, commercialisés à des prix raisonnables.

En fait, quelle est la réalité actuelle de la production du parfum en Algérie ?

Actuellement, il a énormément d'industriels algériens versés dans cette filière et des fabricants. D’ailleurs, il y a de grandes sociétés que je respecte beaucoup, qui ont bien commencé avant mes débuts comme la société «Ouroud» qui avait une large gamme.

Malheureusement, ces sociétés n'ont pas développé leurs produits pour être très concurrentiels sur le marché local ou sur le marché continental. En fait, ils n’ont pas évolué en fonction des dernières techniques de production. La plupart des sociétés existantes sont restées dans la gamme moyenne, à savoir dans la production des produits de la masse.

Actuellement, y a-t-il des fabricants nationaux qui font du parfum de haut de gamme?

En réalité, je  suis le seul industriel algérien qui produit des produits de  haut de gamme, pour une simple raison, c'est que le consommateur algérien est très connaisseur.

L’Algérien est un fin connaisseur dans la culture du parfum. Il se reflète à la marque et au package qui l'attire. De plus, le consommateur algérien sait reconnaître le produit noble, et faire son choix en fonction de la saison lorsqu’il achète un parfum. Et pour cette raison, nous essayons davantage à contrôler la qualité de nos produits dans les différentes phases de production. Néanmoins, il est nécessaire aussi d'offrir un maximum de satisfaction à nos consommateurs.

Est-ce que vous avez des partenaires étrangers avec qui vous travaillez?

Ici dans notre usine de production, nous effectuons le processus de macération, qui est le processus de base de tout fabricant de parfum. La macération, c'est le mélange entre les huiles essentielles et la base parfum et l'alcool. Et comme le processus de création de la base parfum est un processus très complexe et lourd, notre société s'approvisionne en  bases parfums à partir de nos partenaires français. Effectivement, j'ai des partenaires en France à savoir une société spécialisée dans la production des huiles essentielles et des  bases parfums. Cette dernière nous fournit ces produits de base concoctés uniquement à notre  société en Algérie, puisque je suis l'un des créateurs de cette société qui est basée  à la ville de Grasse. La base du parfum que je ramène de France est concoctée  en fonction des critères que moi-même  j'ai  choisi selon ma propre création. 

Le marché algérien est inondé par la contrefaçon.  Est-ce que vos produits et créations détiennent des brevets et sont-ils protégés ?

Notre société a créé la forme du parfum Magriphe, que certains fabricants algériens ont essayé de reproduire ici en Algérie, mais ils n’ont pas réussi à le faire, parce qu’il y a trois brevets dans la même création du produit Magriphe. Ces brevets, je les détiens avant tout le monde en Espagne. D’ailleurs, trois grandes marques étrangères ont essayé de reprendre cette création, mais ils ont pris mes brevets.

L’Algérie a adopté une nouvelle stratégie visant à la diversification de l’économie nationale, à travers la promotion des exportations hors hydrocarbures. Votre société envisage-t-elle d’investir à l’étranger et pourquoi ne pas conquérir des marchés notamment en Afrique ?

J’ai reçu dernièrement deux délégations, une du Sénégal et l'autre de la Guinée, qui sont fortement intéressées de par mes produits. J'ai signé des contrats avec ces deux pays pour approvisionner leurs marchés avec ma gamme de produits. Et ces deux délégations veulent même que je crée une société mixte chez eux. Malheureusement, cette offre ne m'intéresse pas, je préfère vendre le produit fini et travailler d'abord pour l'économie nationale. Toutefois, d'ici la fin de l'année, ma société compte effectuer des livraisons au niveau de ces deux pays.

L'importation des produits de beauté coûte énormément pour le Trésor public. Est-ce la production nationale actuelle pourra contribuer à réduire cette facture d'importation ?

En fait, la consommatrice algérienne ou le consommateur algérien est un client très exigeant. En termes de parfum par exemple, nos collaborateurs ont des marques précises dans leurs têtes. Et pour que ces derniers changent de produits, il faut que nos industriels en cosmétique fabriquent des produits de bonne qualité, et ce, pour convaincre la masse de nos consommateurs et bien sûr, avec un rapport qualité-prix.

L'Algérie regorge d'un potentiel floristique très important, pour être une valeur ajoutée pour fournir à l'industrie cosmétologie en produits de base en l'occurrence les essences et les huiles essentielles. Qu’en pensez-vous ?

Exactement, la floristique est devenue un centre d'intérêt économique pour les grandes marques industrielles dans le monde, notamment pour le créneau de la parfumerie. En Algérie nous disposons de près de 70% du potentiel floristique naturel, nécessaire pour produire les huiles essentielless et les essences. Mais cependant, ce genre d'exploitation n’existe pas comme chez nos voisins marocains et tunisiens.

En effet, si le créneau de la recherche scientifique développe les exploitations des plantes médicinales, et les exploitations du potentiel floral, nous pourrons développer ce créneau de production des huiles essentielles et ça sera une source de création de richesse et de valeur ajoutée pour l'économie du pays.

Entretien réalisé par Chahinez Djahnine  

Dernière modification le samedi, 06 avril 2019 20:39
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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