«Nous travaillons pour le développement des métiers traditionnels en Algérie»
11 Mai 2019
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Mme Merim Terki, coordinatrice d’un projet onusien au «Chiffre d’Affaires»

«Nous travaillons pour le développement des métiers traditionnels en Algérie»

Par:  Chahinez Djahnine
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Mme Merim Terki, la coordinatrice nationale du projet «Développement de clusters dans les industries culturelles et créatives» a bien voulu se livrer au Chiffre d’Affaires». Lors de cet entretien, elle nous donne des explications relatives au projet de l'agence spécialisée de l'ONU pour le développement industriel dont l'objectif est l'aide et l'accompagnement et la promotion de l'industrialisation ., nous accordé cet entretien .

A travers cet entretien, elle nous explique l'expérience de ce projet depuis 2014 avec des groupes d'artisans dans deux wilayas de l'Est algérien. En effet, ce projet qui a été concrétisé au niveau de Constantine et Batna, a été financé par l'Union européenne, il avait assez duré pour prendre fin en juin 2019.

LCA: Quels sont les objectifs de ce projet qui  consiste à promouvoir le patrimoine culturel de certaines industries légères en Algérie ?

Mme Merim Terki : En effet, depuis le coup d'envoi de ce projet en 2014, il y a eu beaucoup de phases et de diagnostics réalisés sur plusieurs régions et environnements industriels  de l'Algérie, pour sélectionner enfin deux clusters parmi dix candidats. Les clusters sélectionnés sont celui de la bijouterie traditionnelle de Batna et de la dinanderie de Constantine. Ainsi, nous avons travaillé avec un groupe d'artisans avec l’accompagnement des ministères de l'Industrie et des Mines, du Tourisme et de l'Artisanat. Au niveau des deux wilayas retenues, on est partenaire avec les chambres d'artisanat et des métiers traditionnels. En fait, il y a eu plusieurs discussions avec les artisans pour comprendre leur environnement et les accompagner à développer l'artisanat et promouvoir le patrimoine culturel, et bien sûr, améliorer la qualité des produits. En outre, nous avons assisté ces artisans à une meilleure commercialisation et également leur accompagnement vers l'international à savoir la promotion de produit artisanat algérien. Ainsi, beaucoup d'activités ont été faites pour concrétiser l'objectif de rassembler des groupes d'artisans dans des clusters à savoir créer des écosystèmes autour de ces groupes d'artisans en créant des passerelles entre les artisans et l'administration, l'université et le secteur privé. Globalement, on a travaillé pour améliorer la qualité du produit artisanal et améliorer les conditions de travail.

En fait la création de ces rassemblements professionnels consistait aussi à améliorer les conditions du travail des artisans, n’est-ce pas ?

En effet, plusieurs actions ont été menées pour améliorer les conditions de travail des artisans. D’ailleurs, ces opérations ont été menées avec l'université de Constantine pour améliorer les conditions des dinandiers. C'était une manière de faire comprendre aux artisans qu’on pouvait travailler tout en préservant sa santé et avoir un environnement sain.

Pour ce qui est du cluster de la wilaya de Batna, qui a regroupé plusieurs artisans de la bijouterie traditionnelle, peut-on connaître le travail effectué ?

Concrètement on a travaillé surtout sur l'amélioration de la qualité du produit local de la bijouterie traditionnelle de Batna. D’ailleurs et il y en a eu des collections réalisées dans le cadre de ce projet. Lors de cette opportunité, il y a eu des conventions entre la Chambre d'artisanat et des métiers traditionnels et l'Agence nationale pour la distribution et la transformation de l'or, Agenor et autres matériaux précieux, pour faciliter l'accès à la matière première aux artisans. Il a été question aussi sur la création d’un centre de formation qui va voir le jour prochainement. Ce centre aura pour tâche d’aider les artisans à se perfectionner dans les métiers de la bijouterie traditionnelle. En plus, l'agence Onude a financé le matériel qui permettra de perfectionner l'art de la bijouterie traditionnelle notamment à travers l'acquisition d’imprimantes en 3D et du matériel de technique de bijouterie. Par ailleurs, et grâce au financement de l'agence onusienne pour le développement de l'industrie, des locaux de commerce ont été octroyés aux artisans participants

Quels sont les résultats obtenus à l'issue du cluster de la dinanderie de Constantine ?

Le cluster de la dinanderie de Constantine a regroupé près de 160 artisans. Des discussions ont porté sur l’exportation, car en l’espace de quatre ans, les artisans ont exporté en 2018 des objets en cuivre vers l’Europe. Il s’agit de la deuxième expérience en la matière. En fait, ce cluster a déjà exporté vers le Vieux Continent en 2017, pour le compte d’une entreprise danoise, Yume CPH. Le projet a connu d’importantes avancées et non négligeables en termes de promotion du produit local constantinois à l'échelle internationale. En plus, nous avons réussi en 2017 à commercialiser la nouvelle collection d'objets thématiques de la dinanderie constantinoise que nous avons développée, au niveau du design, avec le concours d'une spécialiste autrichienne et des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts de Constantine.

Entretien réalisé par Chahinez Djahnine

Dernière modification le samedi, 11 mai 2019 18:26

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