«Il faut d’abord réformer le système bancaire»
12 Jui 2019
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Hassen Khelifati, chef d’entreprise  au «Chiffre d’Affaires»

«Il faut d’abord réformer le système bancaire»

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Rencontré en marge d’une conférence-débat  sur «L'économie dans la transition : les expériences de la Hongrie, la Pologne et la Tchéquie» organisée par le cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care), le chef d’entreprise et PDG de la compagnie Alliance Assurances, Hassen Khelifati, nous a livré, dans cet entretien accordé au «Chiffre d’Affaires», sa vision pour une transition politique et économique réussie dans notre pays. Il a, en effet, plaidé pour l’instauration d’un modèle politique stable, suivi par l’engagement d’une batterie de reformes, notamment dans le secteur financier.   


LCA : Quelle est votre vision pour une transition économie réussie en Algérie ?

Hassen Khelifati : Il faut d’abord avoir une vision politique et une stabilité politique à moyen et longue terme. En effet, on ne peut pas réussir une transition économique sans un consensus et une stabilité sur le modèle politique et économique à mettre en œuvre.

Plusieurs décisions ont été prises par les anciens gouvernements qui se sont succédé et des réformes avaient été annoncées, toutefois, elles n’ont pas été concrétisées sur le terrain. Il y a eu trop d’hésitation de la part des décideurs sur le modèle politico-économique à suivre et cela a créé beaucoup de dégâts sur l’économie nationale. Lors de cette rencontre organisée par le Care, on est en train de voir trois expériences réussies  dans le monde, il s’agit des pays comme la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie.

Quand vous voyez un pays comme la Pologne qui avait réussi à réduire le taux d’inflation de 250% durant le début des années 90 à 3% seulement, et actuellement, augmenter ses exportations de 19 milliards de dollars à 262 milliards et qui avait également réussi à lutter contre le chômage qui représente que 5% après avoir frôlé les 25% dans le passé.

Je pense que l’Algérie a  plus d’atouts de réussite que ces trois pays. Nous avons une rente pétrolière qui va nous aider de plus dans notre transition économique. Notre souci, c’est l’absence d’un modèle pour amorcer une transition politique. Nous avons besoin d’un modèle stable.

L’Algérie a accusé du retard dans  l’instauration d’un nouveau modèle politique et économique pour mettre sur les rails une nouvelle Algérie. Comment y remédier à cette situation ?

Tous retard dans le choix du modèle politique et économique aura des conséquences négatives sur le développement de notre pays. Nous y sommes déjà depuis des années et ce retard ne remonte pas à quelques semaines ou à des mois. On prend des choix, mais à chaque fois on revient à la case départ. Faire un retour radical sur des choix qui ont été déjà opérés impactera négativement l’image de l’Algérie, notamment vis-à-vis de nos partenaires étrangers.  En tant que chef d’entreprise, je reste optimiste pour réussir notre transition économique et mettre en place un modèle de croissance efficace. Toutefois, il faudrait réunir les éléments nécessaires à cet effet.

Quelles sont les réformes économiques à engager dans l’immédiat afin de construire une nouvelle Algérie ?

Pour moi, la mère des réformes, c’est la réforme du système financier.  Nous avons besoin d’un marché financier pour qu’elle puisse marcher sur deux pieds. Une économie qui marche sur deux pieds va plus vite et produit plus de croissance. Il faut libérer le marché financier dominé jusqu’à présent à 90% par le secteur public.  À cela s’ajoute, la nécessité d’engager des réformes dans le domaine administratif afin de réduire et régler le problème du foncier, tout en le rendant accessible pour les investisseurs et rentable pour l’Etat.

Entretien réalisé par Zahir R.

Dernière modification le mercredi, 12 juin 2019 22:46
LCA

Le Quotidien Algérien de l’économie et des Finances

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