Ferme volonté ou vœu pieux ?
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Participation de la diaspora à notre développement

Ferme volonté ou vœu pieux ?

Par:  Réda Hadi
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Lors d’un forum sur les diasporas africaines organisé à Paris (France), des membres de notre communauté ont renouvelé leur volonté de participer au développement du pays avec la création de valeurs dans plusieurs secteurs. Si le discours était bien présent, la volonté des participants, bien qu’affichée, reste à prouver sur le terrain.


En effet, d’après le dernier rapport de la Banque mondiale (BM), les transferts d’argent de la diaspora algérienne vers son pays d’origine totaliseraient à peine 2,157 milliards de dollars en 2018, contre 2 milliards en 2017. Les flux de cette année restent inférieurs au record de 2,4 milliards de dollars enregistrés en 2004.

Les transferts de fonds de la diaspora algérienne sont de loin inférieurs à ceux captés par de nombreux pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). L’Egypte a été le principal pays destinataire de ces fonds avec un total de 25,7 milliards de dollars, suivi du Liban (7,8 milliards), du Maroc (7,4 milliards), de la Jordanie (4,4 milliards), du Yémen (3,4 milliards), de la Palestine (2,7 milliards), et de la Tunisie (2 milliards).

Ceci dit, les initiatives outre-méditerranée de la part de nos compatriotes qui y sont installés  n’ont jamais manqué et encore moins concrétisé, à quelques exceptions près.

Pour des observateurs, cette situation s’explique d’une part par la bureaucratie que beaucoup de nos émigrés avancent pour expliquer des freins aux investissements. D’autre part, le marché parallèle de la devise incite plus à échanger en cash sans passer par la banque.

A travers les discours tenus durant cette table ronde, la diaspora algérienne veut affirmer sa présence, car, selon Abdelatif Hamamda, président de la Fédération des jeunes entrepreneurs algériens (FJEA),  les entrepreneurs locaux ont besoin du parrainage de la diaspora comptant sur son capital expérience et expertise.

Le président de la Caci-France, Kacem Aït Yalla, a rappelé que «la construction d’un avenir commun passe par des projets innovants, inclusifs, capables de mobiliser les énergies et de progresser ensemble», soulignant que la Caci-France reste engagée pleinement pour faire de la diaspora algérienne un des moteurs stratégiques de l’ouverture et du développement du pays dans une mondialisation de plus en plus effrénée.

Toujours est-il, selon l’explication de la BM, les transferts sont liés à l’appréhension de la solidité de l’économie du pays d’origine. Ce qui revient à dire plus les transferts sont importants, plus la diaspora croit en l’économie de son pays.

Classée cinquième en Afrique en matière de transfert, l’Algérie possède l’une des plus importantes diasporas en Europe (principalement), pourtant en comparaison avec la Tunisie ou le Maroc, ces transferts restent faibles.

Il y a lieu de noter que le Hirak et ses répercussions sur l'économie n’ont pas été absents des discussions, ce qui a fait dire à Hamamda que les membres de la bande emprisonnée n'avaient laissé aucune place aux promoteurs honnêtes et sérieux pour prendre part au marché national, soulignant pour les membres de la diaspora que de nouvelles perspectives «s'ouvrent maintenant».

Pour sa part, Mehdi Omarouayache, président d'Algeria Digital Cluster (ADC), qui a déjà tenté une aventure africaine en sa qualité de startuppeur, a appelé à développer la relation de la diaspora dans une coopération Sud-Sud, soulignant qu'il y a beaucoup de choses à partager avec l'Afrique.

C'est dans ce contexte que les participants ont évoqué le manque d'efficacité des réseaux algériens, notamment en Afrique, appelant au soutien de la diplomatie économique algérienne pour accompagner les promoteurs algériens en Afrique.

Notre diaspora, qui n’est toujours pas ancrée dans notre pays, lorgne déjà vers le sud, car pour elle, l’Afrique représente une plus belle opportunité d’investissements, et ceci particulièrement dans les pays africains anglophones, où l’approche économique est différente.

Réda Hadi

Dernière modification le samedi, 22 juin 2019 18:25

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